Michel URVOY sur son blog "politiquement chaud" dénonce le vide la campagne en matière de déficit.
"Quand est-ce que nos candidats, excepté François Bayrou qui le fait, vont nous dire qui va payer l'effacement du déficit et de la dette? Les chiffres que vient de publier l'Insee font frémir. Le vide de la campagne aussi.
C'est vrai que le déficit 2011 est un peu moins élevé que prévu. Mais tout de même, il atteint... 103 milliards! Si bien que pour faire face à nos dépenses et pour soutenir les pays européens en difficulté, il a fallu s'endetter de 122 milliards de plus.
Total, la France doit 1717 milliards à ses créanciers. Plus de 26 000 € par habitant. Un record absolu qui pourrait justifier que l'on en parlât un peu durant cette campagne pour une élection dite majeure...
Car si on fait le total, il va falloir trouver: 103 milliards pour supprimer le déficit (Etat, Sécu et un tout petit peu les collectivités); environ 50 milliards pour payer les intérêts de la dette (c'est-à-dire l'équivalent de l'impôt sur le revenu) et 25 milliards de remboursement annuel de de dette (puisque tel est l'engagement dans le traité européen).
Au bas mot, et à condition que les taux d'intérêts restent sages, il nous faut trouver 175 milliards d'argent public avant de commencer à mettre le premier centime dans l'économie. Vous imaginez, si nous avions 175 milliards à injecter dans des grands projets publics? Ou 175 milliards de prélèvements en moins? Nous serions les rois du pétrole. A cause de la dette, nous sommes dans le pétrin. Pourvu que l'Espagne et le Portugal ne flanchent pas!
François Bayrou, dont le projet serait politiquement et socialement explosif, est pourtant le seul à regarder la réalité en face. Les autres prévoient d'augmenter les impôts (sans nous dire qui, des riches ou des classes moyennes, paiera) de maîtriser la dépense, mais surtout parient sur la croissance.
Or le problème est bien là: quand on est face à un tel désastre, on n'a pas le droit de parier. Et on a le devoir de faire comme s'il n'y avait pas de croissance et de respecter les Français en leur disant la vérité."
Michel URVOY